Claire Diterzi et Luciole

Les lecteurs assidus des Prescripteurs du Net reconnaîtront ici le genre d’article qui fait partie de notre série « Art Thérapie » ! Nous recommandons ainsi la musicothérapie comme thérapie alternative pour certains maux… Voici un compte-rendu de spectacle avec deux groupes de chanson française. C’était au Théâtre de Verre le 19 octobre 2013. Le compte-rendu d’un fan de la dernière heure 🙂

Veni, Vidi, Diterzi

Ce soir j’ai vu Claire Diterzi pour la première fois. J’en avais entendu des bribes à la radio il y a longtemps, j’avais retenu le nom. Quand, après avoir vu des affiches du concert à la médiathèque de Châteaubriant, j’ai emprunté l’album « Tableau de chasse » histoire de vérifier mon souvenir, j’ai appelé la billetterie du Théâtre de verre qui m’a gentiment dit qu’il restait des places.

Un tour sur Twitter pour voir que Luciole était bien arrivée à Châteaubriant, 3 ou 4 écoutes de suite de l’album de Claire Diterzi, et en avant pour acheter une place au débotté.

A la billetterie, un super accueil (et qui m’explique que la veille a été une très bonne soirée avec Joyce JONATHAN), et ma place en poche, me voilà en avance. Ça tombe bien, au bar à vins « le Bouchonet » de l’autre côté du rond-point, il y a un duo qui se produit : « BLUES POWER« . L’occasion de s’envoyer du BB King en dégustant un Saint-Nicolas-de-Bourgueil (AOC). Très bonne ambiance dans ce bar, à re-visiter !

C’est la première fois que je vais au Théâtre de Verre. Je ne m’attendais pas à des places assises. Bon, c’est très confortable, et la plupart des spectateurs présents ont l’air de se connaître.

L’ambiance est clairement familiale, et je serais venu avec mes enfants aussi, si je les avait eu sous la main ce soir là.

La première partie est assurée par Luciole, et c’est une sacrée prestation.

En formule trio, c’est un concert impeccable qui se joue devant nous.

Félicitations au passage à l’équipe technique du théâtre de verre, le son est étonnement propre et précis, on se croirait dans un auditorium de démonstration pour Cabasse ou Bose tellement l’écoute est agréable, maîtrisée. Et pourtant, c’est bien du Live ! (Je ne connais pas le ressenti des musiciens côté retour, mais côté façade je donne un bon 8/10)

J’ai rarement vu un artiste aussi souriant. Luciole semblait transportée de bonheur du début à la fin, et c’est très communicatif ce genre de chose. Le genre de sentiment qui rend les gens lumineux. Entourée de son guitariste et de son percussionniste, elle enchaîne les titres sans faute, dans l’atmosphère ouatée d’un public de salle de spectacle qui se cherche. Je veux dire par là, si vous voulez bien me pardonner l’aparté, chaque ville à son public, les artistes le savent bien. Bref, pas facile de briser la glace du théâtre de Verre, et cette luciole toute mimi s’y emploie de tout son charme de nymphette ingénue. Son répertoire alterne morceaux calmes et titres plus dansants, qui réussiront quand même à faire participer le public. A l’aide de gimmicks bien sentis à la guitare et de rythmes syncopés au cajon (sans oublier Michel accroché à sa cheville droite), Luciole déride l’assemblée à sa façon, en susurrant sur la pointe des pieds (nus, enfin en collants). La chanteuse a un beau brin de voix, du charme et un charisme qu’elle ne se connaît sans doute pas (encore). L’ensemble est très intimiste, mais gageons qu’avec un public plus débridé Luciole (mais au fait, c’est quoi son prénom ? j’ai pas trouvé) sorte de son registre pour revendiquer une personnalité bien trempée…

Chose qui n’est plus à prouver avec Claire Diterzi.

L’univers selon Diterzi

Une entrée en matière géniale de simplicité. Une personnalité libre qui ne se prend pas la tête non plus. Je rappelle que je ne suis pas un « fan » de la première heure, c’est mon premier live de l’ex-frontgirl de Forgette Me Notte. Bon, d’abord, il faut remettre les pendules à l’heure. A l’instrument le plus sensuel du monde, j’ai nommé la Viole de Gambe, il y a une certaine Christine Payeux. Et ce n’est pas parce que j’ai découvert cet instrument, comme des milliers de personnes, avec « Tous les matins du monde » et que j’en suis tombé amoureux que je vais dénigrer la vocaliste, n’empêche que Christine assure comme une chef. Au violon et autres instruments (guitare, synthé, chœurs…) Carla en impose également, avec une prestance étonnante. A elles 3, Claire, Christine et Carla forment un trio éblouissant à tous les niveaux : virtuosité instrumentale, présence scénique, capacité à jouir du moment présent: ces 3 grâces (à vous d’associer les musiciennes avec l’Allégresse, l’Abondance et la Splendeur – ou pas -) se font plaisir en nous faisant plaisir, et c’est flagrant.

Du coup, il y a une sorte d’assurance, de maîtrise et de liberté sur scène qui transcende le set.

Un morceau est mal commencé ? Pas grave…

Bon, sur Claire, que dire ? Faut-il dire quelque chose, d’ailleurs ?
Une décontraction à toute épreuve, un caractère bien trempé, et… un chant… comment dire ? Une maitrise de ses cordes vocales pour aller dans un sens comme dans l’autre. Sans grosses ficelles. A croire que des fois, elle fait le pitre à dessein pour pas qu’on puisse dire qu’elle se la joue avec sa faculté à chanter aussi bien du lyrique que du blues en passant par de la chanson avec moult trémolo sauce entre deux-guerres.

Quant aux compositions, j’ai acheté le dernier album « le salon des refusées » sur place, histoire de voir si les effets du Live persistaient à la maison. Eh bien oui, les titres sont plutôt minimalistes. Comme je déteste comparer ce qui n’est pas comparable ou donner des étiquettes, vous n’en saurez pas plus que ça : Le chant est en français. Parfois d’inspiration médiévale, baroque, mais on s’en fiche, car il est toujours juste. Et je ne parle pas de tonalité. C’est juste que c’est un chant QUI PARLE, justement. Pas un truc retouché en studio avec moult filtres, non au contraire, un son très simple. L’instrumentation intelligente, toute en finesse, découpée au millimètre, confère une âme précieuse aux morceaux.

Sur scène, les titres sont choisis parmi les différents albums. Ce qui transparaît le plus peut-être, c’est le fait qu’avec 5 musiciens, Claire Diterzi ne semble faire qu’une. Ce n’est pas « Claire Diterzi et ses musiciens ». Et Je n’ai pas vu le temps passer.
L’immersion est immédiate. Dans l’univers de l’artiste, les mélodies s’enchaînent sans effets spéciaux : on est pris dans un voyage sensuel.
Avec quelques reprises, dont un titre de Polnareff que j’adore.

Le rappel permet de s’en assurer : le troisième morceau interprété, une berceuse (« mal aux yeux » ?) est comme une démonstration de ce que Claire peut faire avec ses cordes vocales.

Soirée Cosy à Châteaubriant

J’ai passé une très bonne soirée ! J’espérais un peu plus de lâcher prise de la part des artistes, mais je reconnais que le lieu et l’ambiance se prêtaient plus à une ambiance intimiste qu’à un set plus expérimental. Les gens qui assistent aux spectacles ne se rendent pas compte qu’ils reçoivent en grande partie l’énergie qu’ils envoient. Ce soir, c’était cosy. J’espère revoir ces artistes sur une scène en plein air par exemple. Même si je me suis plus retrouvé dans l’univers musical de Claire Diterzi, Luciole m’a fait une très bonne impression également. Dommage, pour la formation de Claire, que le percussionniste soit presque dos tourné au public (il s’occupe aussi des vidéos projetées sur l’écran en fond de scène) et que le bassiste-guitariste soit un peu en retrait.

Pour aller plus loin dans la découverte : Une interview de Claire Diterzi par l’Atelier : http://www.atelier.net/blog/2013/05/17/claire-diterzi-materiel-compte-bonnes-idees_419873

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